Les textes

Une origine ancienne

Le texte original du Yi King a été rédigé en chinois classique sur une période de plusieurs siècles. De nombreuses traductions ont vu le jour, en Occident, la première traduction latine a été réalisée par le père Jean-Baptiste Régis, un missionnaire jésuite qui a vécu entre 1665 et 1737. Le mathématicien Leibniz, qui est considéré comme le père de l’informatique, ayant été en contact avec le père Régis, il a pu découvrir le calcul binaire à partir des trigrammes et des hexagrammes.

Les traductions modernes

De très nombreuses traductions ont vu le jour, mais je ne citerai ici que les deux plus importantes, qui sont celle de Richard Wilhelm et Etienne Perrot et celle de Cyrille Javary et Pierre Faure.

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Yi King, Le livre des Transformations

Auteur : Richard Wilhelm, traduit de l’allemand par Etienne Perrot
Editions de Médicis

ISBN : 978-2-85327-003-8

C’est la version qui a servi de référence a de nombreux étudiants du Yi King, malgré ses défauts elle est encore très utilisée de nos jours.

Richard Wilhelm était un missionnaire protestant qui a étudié en Chine avec un maître confucéen, Lao Naï Souan, qui lui a enseigné les fondamentaux du Yi King. A mon avis, les trois caractéristiques principales de l’oeuvre de Richard Wilhelm sont :

  • une démarche traditionnelle

    En se plaçant sous l’autorité d’un maître confucéen, Richard Wilhelm a perpétué la forme traditionnelle de l’étude du Yi King.

  • l’importance de la structure

    Le livre de Richard Wilhelm regorge de références et d’explications à propos des relations de correspondance et d’entraide, et de la correction des traits. Ce sont des informations très utiles pour les étudiants avancés du Yi King.

  • Le Yin faible

    Le Yáng est représenté comme supérieur au Yin, comme l’homme est représenté comme supérieur à la femme : ce livre est rempli de préjugés sexistes, et parfois élitistes, qui nuisent beaucoup à sa diffusion à l’heure actuelle.

Ce livre reste très important à mes yeux, car sans lui je n’aurai pas eu l’occasion d’étudier le Yi King comme je l’ai fait. Même si quelques commentaires sont incertains, d’autres sont éclairants. Cet ouvrage existe en deux versions, je recommanderai la version longue qui fait plus de 800 pages car c’est dans celle-ci que se trouvent les commentaires qui m’ont le plus intéressé.

Yi Jing, le livre des changements

Auteurs : Cyrille Javary et Pierre Faure

ISBN 978-2-226-11713-7

La publication de ce livre n’est pas passée inaperçue en France, bien que personnellement je l’ai découvert assez tard. Cet ouvrage remet en question bien des choses, parfois à tort et parfois à juste titre. Ses caractéristiques principales sont :

  • Une démarche fondée sur l’interprétation des idéogrammes

    C’est à mon avis le point fort de ce livre, ici les auteurs se préoccupent davantage du sens premier des idéogrammes que de ce que la tradition en a retenu. Une méthode similaire bien que plus succinte a été suivie sur ce site si vous souhaitez avoir une idée de ce que ce genre de traduction peut donner. Ici on peut regretter le lyrisme que l’on trouve dans certains passages du livre de Richard Wilhelm mais d’un autre côté on apprécie d’avoir un texte plus proche de la signification originale.

  • Un engagement féministe

    Ici les auteurs non seulement s’emploient à défendre la stratégie Yin ainsi que la situation de la femme dans les commentaires, mais également soutiennent que le Yin est l’élément le plus important du livre des changements.

  • Une approche réductrice

    A force de rejeter le doute, ces auteurs se sont retranchés dans une approche du Yi King qui consiste à ne poser que des questions qui contiennent « un verbe d’action dont vous êtes le sujet ». Bien que je conçoive que cette attitude puisse être avantageuse pour les débutants, je pense qu’elle est d’inspiration Yáng et donc très étrange de la part d’ardents défenseurs de la stratégie Yin.

Ayant étudié le Yi King de nombreuses années avant d’avoir eu ce livre entre les mains, il ne m’a pas apporté énormément de connaissances. J’y ai apprécié la manière dont les auteurs ont critiqué certaines interprétations de Richard Wilhelm, notamment en ce qui concerne les relations entre l’homme et la femme. J’ai moins aimé une attitude un peu trop critique qui à mon avis les a fait s’écarter d’interprétations parfaitement valides pour se lancer dans des spéculations hasardeuses.

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